La vie rêvée des Amapiens

Vous vous souvenez de cette phrase de Desproges : « ne marche pas dans la mode, ça porte malheur ». Je suis plutôt d’accord avec lui, et même s’il parlait là de la mode vestimentaire, cela s’applique, à mon sens, à toutes les modes, même culinaires… Je frime, mais j’en suis victime aussi, je cuisine Japonais, j’ai laissé tombé depuis longtemps l’abus de sucre et de grosses sauces bien grasses (je ne mets même plus de vestes à épaulettes ni de pantalons à pinces)…. Mais, soyons honnêtes, il y a une mode (si, si !) qui est plutôt positive, c’est celle du retour au naturel, du bio, du « faîtes le vous-même », etc… Elle a mis beaucoup de temps à s’installer, il faut dire que ce n’est pas une mode facile à suivre, mais elle est là, et espérons qu’elle ne se démodera pas de sitôt. Auquel cas, ça ne sera plus une mode ! Une prise de conscience bienvenue de la qualité déplorable qu’on nous vend a fait pousser comme des champignons les magasins bio, les fermes où l’on cueille ses légumes bien frais, et les AMAP.  Qui ne s’est pas encore fait avoir, allant chercher son panier hebdomadaire, pétri de bonnes intentions, en constatant au bout d’un mois que les patates, ça va 5 minutes, et qu’une barquette de framboises pour une famille de 5 personnes, ça fait léger ! Et de se précipiter chez le primeur, ou au (super)marché pour acheter des abricots du Roussillon, parce que le paysan normand, il a pas réussi à en faire pousser… ben oui, pas si simple, les produits exclusivement locaux quand on a une irrépressible envie de mangue, ou de chipirons à l’encre ? Et moi, je vis pas trop loin de la Manche, cette mer froide (19° en Août, ça stimule) qui nous donne de si beaux poissons et coquillages (vachement mieux qu’en méditerranée, on n’a pas besoin de les transformer en soupe, ici). Mais, pourquoi ? pourquoi on ne trouve pas de poulpe frais (y’en a pas en Manche, me répondrez-vous, mais y’a pas de mangues dans nos jardins non plus, et on en trouve sur les étals), et si peu de seiches, et encore moins des toutes petites ? Alors que des seiches, y’en a ! c’est quoi ce mauvais plan ?  Je le concède, je vais cueillir mes légumes le weekend, je fais même des kilomètres pour aller acheter de la bonne viande chez un éleveur qui vend ses cochons ( et qui a eu la délicatesse de les tuer pour nous, de les découper, et tout et tout). Il m’arrive même d’aller jusque sur la côte pour acheter des coquilles St jacques fraîchement pêchées, mais je ne vais quand même pas descendre jusqu’en Espagne pour acheter des chipirons frais, parce que le temps de remonter à la maison, j’ai dans l’idée que l’odeur dans la voiture m’aura coupé l’envie de les cuisiner…). Quant à l’encre de seiche, alors là, c’est le défi à relever ! J’ai même dû affronter la moue dégoûtée d’une épicière japonaise/parisienne la semaine dernière quand j’ai réussi à lui faire comprendre que je cherchais de l’encre pour mettre dans la cuisine (elle croyait que je cherchais de l’encre de Chine…). Allez savoir pourquoi, je croyais que les japonais mangeaient aussi de l’encre…. Mon incapacité à vivre en Amapienne me fait croire que le monde entier mange de tout ! Je suis perdue entre la mondialisation et l’hyper local 😦

Au secours !

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